Tribunal de LIMOGES

Créer pour résister

L’Agence, face au redressement judiciaire

C’est le 26 juin 2019 que le sort de l’Agence tombe entre les mains du Tribunal de Commerce de Limoges. Les conditions du deal : soit nous déposons notre dette auprès du tribunal et nous essayons de nous donner une chance pour l’avenir, soit nous continuons à vaciller sans plus de perspectives que de tenter de garder la tête hors de l’eau, le dépôt de bilan en embuscade. Alors, après des mois et des mois de difficultés financières récurrentes, l’Agence est placée en redressement judiciaire pendant 2 périodes d’observation de 6 mois chacune le 26 juin 2019. L’équation n’a pas d’autres solutions et qu’une seule inconnue : faire nos preuves pendant une année et proposer un plan de redressement honnête et viable au bout de cette échéance.
Fin 2018, début 2019, malgré les efforts conjugués de chacun des collaborateurs de l’Agence, la situation est tendue. Ces efforts sont vains, la machine s’étouffe, cale, repart un moment pour s’arrêter de plus belle un peu plus loin. Au fond, rien de vraiment original, la perte d’un client historique (la Région Limousin) générant une perte de chiffre d’affaires de 130 000 € vient mettre en évidence des dettes héritées du passé (reprise de la société en 2015). On y ajoute un impayé de 50 000 €, dont 13 000 € sous-traités et déjà réglés… Les conséquences délétères d’un développement rapide et autofinancé suite à un pic d’activités et une dette clients relativement conséquente mettent une trésorerie déjà défaillante en berne. Enfin des erreurs de gestion, voire certains défauts de conseils finissent d’altérer la situation. La décision est difficile à prendre, l’enjeu inquiétant, mais il faut bien se résigner, nous sommes en état de cessation des paiements.

Gérer les départs à contre-cœur…

Ce sera le cas pour 2 collaborateurs, des contrats de sécurisation professionnelle leur sont proposés comme la loi le stipule. Ils ont l’avantage de leur octroyer un statut de demandeur d’emploi « privilégié ». Ils sont accompagnés de manière plus individuelle, peuvent bénéficier de formations et sont assurés de toucher leur rémunération pendant 1 an. Alors non, ce n’est pas une consolation, mais tous deux misent sur l’avenir, reconversion professionnelle ou pas.
Quelques autres départs volontaires suivront, portant l’effectif de l’Agence à 5 salariés (au lieu de 9 lors de l’ouverture de la procédure) au moment de la validation du plan de redressement.
LA CASA DEL DESIGN - MAKING OFFLA CASA DEL DESIGN - MAKING OFF

C’est trop calme… j’aime pas trop beaucoup ça… J’préfère quand c’est un peu trop plus moins calme…

Bizarrement l’après 26 juin 2019 est une période d’apaisement, tout est encore possible, nous avons envie d’y croire, notre sort est entre nos mains. Mais l’accalmie est de courte durée, il est l’heure de rendre des comptes. Le mandataire judiciaire qui a été désigné pour nous accompagner pendant cette période est là pour nous mettre face à nos devoirs et obligations. Alors bien entendu, nous jouons le jeu, déclaration du passif, états des actifs, éléments comptables et juridiques, la machine est lancée, on suit le rythme plutôt bien que mal, mais très vite quelques décisions s’imposent à nous. D’abord, activer tous les leviers générateurs d’économies, révision des contrats (téléphonie, assurances…), réévaluation de certaines charges aussi, mais surtout le plus difficile, se résoudre à licencier…. 
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Tenir bon malgré la crise et les restrictions liées à la pandémie.

Les audiences se succèdent, nous sommes assistés par notre super avocat, notre cabinet comptable aussi, nous tendons tous vers un seul objectif, la continuité de l’activité. L’Agence doit continuer à vivre, même amputée de certains collaborateurs historiques. La crise sanitaire de la COVID19 s’invite également lors de la procédure. Malgré cela, de nouveaux clients arrivent, le carnet de commandes se remplit, et la petite équipe restreinte est parfois mise à mal par cette surcharge de travail quelque peu inattendue.
Nous passons par espoirs, désillusions, frustrations, coup de fatigue et même heurts parfois, mais la fine équipe tient bon. Le 9 septembre 2020, après quelques débats parfois animés, le Tribunal de commerce de Limoges valide le plan de continuation présenté par L’Agence.

Créer pour résister, maintenir les emplois, assurer le service et se développer !

Pour tous ses collaborateurs, le soulagement est bref car le plus dur reste à venir. Après un gros coup de fatigue, il faut continuer à se battre. Il s’agit à présent de rembourser nos créanciers, de faire perdurer l’activité de l’Agence, de s’adapter aux mouvements du marché et aux nouvelles demandes de la clientèle. Il est temps d’écrire une nouvelle page de l’histoire de cette agence dans la fleur de l’âge. Alors… L’Agence décide de rentrer en résistance… Et ce n’est que le début.